EVIDENCE-BASED PRACTICE

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Démarches fondées sur les faits

ou la création de pseudo-faits

SANTÉ : Pour/Vers un dépassement de la pratique fondée par les faits (EBP) dans le domaine infirmier

Traduction :
Conclusion: la preuve d'un avenir (p. 131)
«
'Les philosophes n'ont fait qu'interpréter le monde de différentes manières; mais ce qui importe c'est de le transformer ' (Marx, 1844)
La véritable valeur de la démarche fondée sur les faits réside en réalité dans sa signification culturelle. En tant que déclaration d'intention, il a le pouvoir de rassembler les éléments disparates des diverses professions de la santé dans le cadre d'un objectif commun.
Si les objectifs de la démarche fondée sur les faits doivent être atteints, une approche multidisciplinaire de la gestion du changement est nécessaire.

C'est ce qui distingue cette pratique factuelle des autres développements historiques de la pratique infirmière qui ont eu tendance à être de nature uni-disciplinaire.

Un élément central de cette culture est dans l’impératif de forger des partenariats avec des collègues au sein de l’organisation tout en faisant appel à l’expertise de partenaires extérieurs, notamment des collègues universitaires et des secteurs associatifs et commerciaux.

Le Conseil des doyens et les directeurs de facultés des sciences, des infirmières, des sages-femmes et de médecins ont récemment appuyé le récent discours de prise de position, qui impose de nouvelles compétences.
En outre, il est essentiel que les infirmières développent les compétences et les connaissances nécessaires pour devenir des partenaires respectés dans la mise en œuvre des soins de santé.
-|| Fonder la pratique sur des preuves tirées d'ERC (essai randomisé contrôlé) peut sans aucun doute être d'une grande utilité pour la pratique infirmière. 
Toutefois, pour que la profession infirmière atteigne pleinement les objectifs de la pratique fondée sur des preuves, le processus doit encourager et reconnaître davantage les méthodes de recherche éclectiques, interprétatives et innovantes / créatives. ||-
Si ces conditions étaient remplies, il semblerait approprié de prévoir que la pratique fondée sur des preuves affectera de manière significative la culture de la fourniture de soins de santé au XXIe siècle. »
Version originale :
« Conclusion : evidence of a future (p. 131)
'The philosophes haves only interpreted the world in different ways; the point is to change it' (Marx, 1844)
The real value of EB practice actually lies in its cultural significances. As a statetement of intent it has power to draw together the disparate elements of the various health care professions under the umbrella of a commn goal.
If the goals of evidence-based practice are to be realised a multidisciplinarity approach to change management is required. This is what sets evidence-based practice apart from other historical developments in nursing pratice which have tended to be unidisciplinary in nature. A central feature of this culture is the imperative to forge partnerships with colleagues within the organisation whilst drawing on the expertise of external agencies including academic colleagues and the social voluntary and commercial sectors.
New responsabilities create the need for new abilities, and the drive to make nursing an all-graduate profession was given strong support in a recent positional paper by the Council of Deans and Heads of University Faculties of Nursing, Midwifery and Health Visiting.
Furthermore, it is vital that nurses develop the skills and knowledge required to become respected partners in the commissionning of health care. Basing pratice on evidence gained from RCTs can undoubtedly be of great value to nursing practice. However, if the goals of evidence-based practice are to be realised fully by the nursing profession, the process must give more encouragement and recognition to ecclectic, interpretative and novel/creative research methodologies. If these requierements were met, it would seem appropriate to predict that evidences-based practice will significantly affect the culture of health care provision in the twenty-first century. »
=> Blomfield, R. & Hardy, S. . Evidence-Based Nursing Practice (p.111-137). In Liz Trinder with Shirley Reynold (2000), Evidence-based pratice - A criticle Appraisal (chap. 6). Blackwell Science.

Partie sur les faits de la page « Théorie et faits » censurées par wikirouge pour « débilité » pro-Raoult

copié-collé le 04/10/20

Préliminaire

Dans ce contexte du Covid19 qui exacerbe les conflits, nous pouvons dire avec Alfred Wallace que :

« J'ai ainsi appris ma première grande leçon dans l'enquête sur ces domaines obscurs du savoir, ne jamais accepter l'incrédulité de grands hommes ou leurs accusations d'imposture ou d'imbécillité, comme ayant du poids quand elles sont opposées à l'observation répétée de faits par d'autres hommes, de l'aveu de tous sains et honnêtes. L'histoire entière de la science nous montre que chaque fois que des hommes savants et instruits de tout âge ont nié les faits ou d'autres chercheurs pour raison a priori d'absurdité ou d'impossibilité, les négateurs ont toujours eu tort. »[2]

Wallace répond au crédule relativiste bienveillant et surtout à l'accusateur sceptique et absolutiste qui l'a vivement calomnié lorsqu'il a mis en avant la réalité du mesmérisme critiqué par ses pairs matérialistes évolutionnistes, et aussi quand il a mis en lumière l'origine psychologique du spiritisme avec ses études sur ce que l'on nomme aujourd'hui l'hypnose. Malgré les faits scientifiques efficients et évaluables sur les personnes, ni l'hypnose, ni l'origine psychologique du spiritisme n'ont été reconnu par ses pairs jusqu'à encore aujourd'hui. Pour les sceptiques, qui ne cherchent pas l'origine du fait scientifique, le spiritisme est une imposture dirigée par des charlatans, et l'hypnose est une imbécilité que l'on ne peut prouver car on ne peut pas mesurer son efficacité.

Pour les zététiciens le fait mesurable et mesuré prime sur le fait contemplé et évaluable.

Or, d'après la croyance actuelle des zététiciens, ce qu'ils nomment « démarches fondées sur les faits » permettraient de mieux combattre l'obscurantisme spiritualiste, et de décider d'une meilleur action en s'appuyant sur les faits mesurés dites « prouvés scientifiquement ».

Ces faits mesurés se veulent « universels » parce que réplicables (Karl popper) apriori dans un milieu confiné et contrôlé sans « biais » (ERC/RCT) ou « pression externe ». Les faits singuliers et particuliers bien qu'évalués y sont classés comme non-scientifiques. Seul les faits mesurés sont des faits prouvés et des faits réels bien qu'éléments partiels au réel non significatifs, ni représentatif du tout (cf abstraction).

Pour les zététiciens, l'expérimentation (domaine de la mesure) prime sur l'expérience (domaine de la contemplation).

Si, ce fait prouvé reste en dehors de la configuration/situation du réel avec ses interactions (échange.utilité) et ses mouvements spatio-temporels (action.actualisation), il en devient cependant compréhension globale du réel permettant ainsi une action sur elle qui marcherait pour tout lieu et tout moment.

Mais

« En réalité l'idée d'une compréhension complète, dirigeant l'action, est un idéal chimérique, en désaccord grotesque avec la pratique » [3]

Cependant avec l'Evidence Based Practice, le doute n'est plus permis : « Le fait de la mesure fait foi ».

Ainsi, aujourd'hui le principe dialectique d'incertitude et les questionnements sont proscrits par les instances savantes « absolutistes » au nom « des démarches fondées sur les faits » avec ses « preuves statistiques » et sa « vérité scientifique ». Les faits mesurés par les démarches politiques (EBP) sont devenus un absolu. Les faits évaluables par les démarches scientifiques (SBP) y sont occultés ou calomniés.

L'Evidence Based Practice s'est substitué à la science parce que les zélotes et les prosélytes croient que « l’objectivité absolue serait atteinte si le facteur humain pouvait être totalement éliminé, si la démonstration était menée uniquement par une machine »[4] en oubliant que dans un jeu dialectique l'« émotion » (Henri Wallon) anticipe et précède la raison (Spinoza, Lev Vygotski, Antonio Damasio) puis engendre le « bon sens » (Descartes).

Ce chapitre à la prétention de faire une « critique raisonnée d'un monopole » - pour reprendre le titre du Dr Luc Perino sur l'Evidence Based Medecin[5] - et surtout de sa dynamique fascisante.

Ouvert d'abord pour mettre en lumière l'origine spirituelle des décisions techno-scientistes du ministre de l'éducation nationale français et de son conseil, dont les membres sont tous chantres de l'Evidence Based Practice, les exemples et références de ce chapitre ont naturellement dévié sur l'actualité du Covid-19. Cependant les problématiques et les critiques restent les mêmes quelque soit les domaines de pratiques.

On retrouve cependant, de manière plus disparates les problèmes de l'EBP dans l'éducation et la psychologie, notamment dans les articles méthodes globale et intelligence.

EVIDENCE BASED VS SCIENCE BASED[6]

Généralité sur l'Evidence based practice

Le fait comme preuve/evidence absolue

L'Evidence Based Practice (EBP) - traduit de manière trompeuse par « démarches fondées sur les faits » - est très prisé à l'heure actuelle au XXI dans la recherche (cognitivisme, éducation... ) et dans les domaines de diagnostiques (médecine, pédiatrie, kinésithérapie, management, politique, infirmerie ...) depuis leur aliénation dès les années 60 à la planification politique néolibérale de gestion, de rendement, de coût et de ressource humaine.

Ses fidèles prétendent apriori que l'EBP s'inspire de l'art expérimental chère à Claude Bernard, mais, tout en le caricaturant a posteriori à outrance comme leurs prédécesseurs : « Les anti-Lumières déterministes Taine, Renan et le positivisme de Comte, ouvrant la voie aux pré-fascistes Rostand et Carrel et à l’eugénisme »[7].

[8] l'« efficacité » et la « performance » afin de décider d'une action politique « efficace » et « performante » pour et selon la classe bourgeoise.

La philosophie de l'evidence based est d'appliquer de manière pragmatique (William James) au quotidien les techniques les plus « pertinentes » s'appuyant sur les résultats scientifiques les plus « efficaces ».

L'idée primitive date en fait de deux siècles. Sous des discours louables comme pour le serment d'Hypocrate, l'enjeu était la guérison ou plus globalement l'amélioration du confort individuel et collectif : le soin. Mais, les intérêts capitalistes ont changé la donne. Si l'idée primitive reste aujourd'hui, les enjeux en sont le profit[9]. La réalité sociologique[10] s'écarte des discours idéales[11].

L'EBP fut :

« Ressuscitée dans l’université privée baptiste McMaster d’Hamilton (Toronto) financée par des géants pharmaceutiques (Pfizer et Astra-Zeneca) et du tabac (sic), l’EBM est une méthode pédagogique conçue comme une démarche explicite de recherche, d’évaluation et d’utilisation des preuves disponibles pour résoudre une question clinique.»[12]

Après sa mise en application en Médecine, cette démarche a pénétré tous les secteurs professionnelles et tous les domaines scientifiques.

Afin d'éliminer toute subjectivité, les fidèles de l'EBP suivent une « guideline » dont les essais randomisées contrôlées (ERC, ECR) sont au centre de tout.

« [L'Evidence Based Practice] suit quatre étapes :

  • formulation du problème médical, [Hypothèse]
  • recherche dans la littérature et les statistiques des articles les plus pertinents et des « meilleures » preuves dont on fait la méta-analyse, [Recherche bibliographie prédéfinie ]
  • évaluation de leur « niveau » de validité et de l’applicabilité des conclusions pratiques, [Peer review]
  • enfin, intégration des données trouvées dans la réponse thérapeutique sous forme de référentiels et de protocoles [Publication] »[13]

[14] (Dr Steven Phillips[15])


D'un point de vu idéologique, les démarches evidence-based sont en réalité des démarches mondialistes de rationalisation « totalitaire »[16]. Ça en exclut la raison réelle dans sa chasse aux « biais ». Ça rejette l'émotion vue comme origine de l'irrationalité. Ça réduit l'universalité à la vision occidentale abstraite des choses reniant les particularité et les singularités. Sous les discours de raisons pures se cachent ainsi des enjeux éloignés du rationalisme philosophique (connaissance innée) et scientifique (acquisition des habilités émergeant du/par le milieu). Ses démarches sont dans l'empirisme où d'un point de vue philosophique l'acquisition des connaissances émergent de pratiques mécaniques mais qui d'un point de vue scientifique l'habilité est biologiquement innée, fixée par la génétique. Dans l'ère du numérique, on est passé à une démarche ultra-empiriste. L'automatisation cybernétique de la pensée et des pratiques qui se veulent objectitives lutte en permanence contre les automatismes psychologiques perçus comme irrationnelles et subjectives. Or,

[4]

Faits de guérison et faits d'assureur

Quand Pasteur était devant le cas de cet enfant infecté par la rage, il a fait fi de l'art expérimentale chez à Bernard. Il a injecté son sérum au grand damne de son collègue médecin[17]. Bien que chimiste, Pasteur a opéré en médecin tandis que son collègue médecin a opéré en assurance.

Cependant, dans un autre cadre tout aussi urgent, il a préféré vacciner tout un cheptel protégé de la zone d'infection au lieu de faire changer le mode d'équarrissage par enterrement.

Ce mode d'enfouissement a pour conséquence d'infecter les vaches qui paîtrent au dessus du charnier de bêtes mortes par malade. Les lombrics et autres vers ont remonté les germes contagieux à la surface du sol.

Cette petit zone est isolée du champs dans sa globalité par des buissons et des hautes haies. Il n'y avait pas d'interaction entre les vaches dans ce carré infecté et les autres vaches du champs plus étendues. Seules les vaches du carrée étaient malades.

Cependant, toutes les vaches du champs dans sa globalité ont été vaccinées.[17]

Dans, ce cas où le malade n'était pas une personne mais une population abstraite, Pasteur a opéré en assureur bien que la vaccination globale des vaches n'étaient a priori pas nécessaire. Est-ce par principe de précaution ? En effet, on peut supposer qu'une fois sortie de leur carré infecté, ses vaches contaminent les autres de manière aussi virulente et donc générer une grande vague sur la globalité du champs.

1_ Or, on remarque apriori que la vaccination a été moins coûteuse à l'éleveur que de lui imposer de changer de mode d'équarrissage. Mais, on en oublie que la zone encore polluée, où vivent toujours les vaches bien que vaccinées, perpétue les risques et les dangers. C'est comme prescrire un parapluie chez soi afin de se protéger de la pluie qui passent à travers les trous de la toiture pourrie.

Le capitalisme met de la même manière en danger la population tout en proclamant qu'il l'a protège par des actes rassurants.

En effet, Il est beaucoup moins coûteux aux capitalistes de vacciner que de changer le mode de production capitaliste qui pourtant appauvrit le milieu social jusqu'à affaiblir le corps et la psyché des individus.

Ce pourrissement sanitaire et social génère localement une épidémie potentielle. C'est le cas des épidémies de rougeole en Roumanie récurrentes avec décès depuis les années 90 est la conséquence de la paupérisation de la société conduite par les politiques libérales. Comme avec les vaches de Pasteurs, l'OMS préconise de vacciner le Monde en son entier au lieu de change le mode de production qui a rendu malade le milieu.

2_ Or, on remarque apostériori que les pandémies à grande échelle qui atteignent les zones protégées ont pour origine le marché et le tourisme extérieurs.

« La grippe de HK est entrée dans l’histoire comme la première pandémie de l’ère moderne, celle des transports aériens rapide »[18]

Dans le cadre du Covid19, sur les foyers après la période épidémique, le Professeur Perola de l'IUH de Marseille parle de médecine de voyage. Dans un premier temps, cela peut comme le Covid9 déclencher un grand boum épidémiologique. Cependant, une fois la courbe en cloche réalisée, l'incendie s'est essoufflé et ne se rallume plus quand bien même des foyers y sont importés dans les familles des voyageurs. En effet, l'épidémie de grippe très active en été dans la péninsule arabique ne déclenche pas une grande vague estivale en Europe au retour des voyages.

Depuis les années 90 suite à la victoire de la finance sur le sociale, l'industrie, les transports, les marchés avaient oublié l'hygiène et la santé au sens large de l'OMS. Le processus de libéralisation conduit une dégradation des services publics dont de la santé, de la poste, de l'éducation, des énergies, du transports... etc. L'hygiène n'y a pas échappé. Les personnes des zones qu'on croyait protégés sont ainsi facilement et plus profondément touchés par les pandémies mondiales.

De fait, les « sociétés ouvertes » avec leurs politiques néolibérales (États-Unis, Angleterre, Équateur, Brésil, Italie, France...) ne protègent pas des pandémies malgré les progrès techniques et des changements relatifs sans transformation absolue du mode de production.

Les conséquences du progrès au sein de la société occidentale sont contradictoires. D'un côté, le confort quotidien, l'alimentation, le sport, la médecine, l'hygiène contribuent de manière évidente à l'amélioration de la santé et au perfectionnement de l'espèce biologique. D'un autre côté, on observe une augmentation du nombre de handicapés de naissance, de l'alcoolisme, de la toxicomanie, de l'attrait pour la violence et les perversions, de l'impuissance, des allergies et de nouveaux types d'épidémies. [...] Comment guérir de ce qui est un conséquence directe du mode de vie de la société ? L'Occident doit vivre jusqu'au bout avec ces maladies qui sont le prix de la transformation de l'homme en surhomme et des relations humaines en relations superhumaines. [19]

Mais, au lieu de transformer leur « libre marché » « efficace » et de « performant », les lobbyings dans leur prétention à « guérir alors qu'[ils] n'en [ont] pas forcément la possibilité »[19] en accusent ceux qu'ils nomment les anti-vax, soit les hérétiques qui pointent du doigt les problèmes de la vaccination et de la médecine en général.

Et cela à raison :

En effet, « Au Groupe de recherche sur la dynamique neuronale du Département des sciences ophtalmologiques et visuelles de l’université de British Columbia, le Dr Lucija Tomljenovic a obtenu des documents montrant que, « les fabricants de vaccins, les compagnies pharmaceutiques et les autorités sanitaires, connaissent les multiples dangers associés aux vaccins, mais ont choisi de les cacher au public. C’est de la tromperie scientifique, et leur complicité suggère que cette pratique continue encore aujourd’hui. » »[20]

Ce silence sur les dangers génère aux USA, ce que la CIA en 1969 a nommé « théorie du complot », qui est en effet commode pour décrédibiliser en accusant d'« obscurantisme » et de « pseudosciences » toutes critiques scientifiques qui dévient de la pensée analytique US et des protocoles EBM imposés par les lobbyings.

Aujourd'hui dans le cadre de la santé et de la société, en rapport avec l'aliénation US, l'analyse prime sur la synthèse. On fait un culte à l'assurance et du progrès au détriment de la guérison/soin et du « bon sens » (Descartes). On peut faire remarquer que dans le cadre des zones sismiques, c'est l'inverse : la guérison/reconstruction prime sur l'assurance mais ça reste dans une pensée d'analyse.

Si Pasteur a d'abord été un guérisseur avant de se transformer en assureur, c'est en tant que guérisseur que le monde le reconnaît et non par la pratique bourgeoise d'assureur de son institut. Malgré son attitude méprisante envers ses collègues qu'il ne cite jamais, ses réussites se trouvent dans sa force de synthèse et non dans l'analyse.

La guerre des faits

Gardiens du temple technoscientiste vs les hérétiques

Dans le cadre de l'urgence sanitaire, au nom de la démarche scientifique et contre le relativisme postmoderne, les zététiciens (ultra-sceptique) et les chercheurs pseudo-matérialistes prônent l'assurance et la prévoyance plutôt que la guérison immédiate notamment par le vaccin à tout prix qui est devenu un talisman des technosciences. Le terme « assurance » n'est pas sans lien avec l'origine étymologique de talisman (impôt, rite, sort).

Or, un véritable critique d'esprit scientifique prône la guérison.

Le guérisseur comme le docteur Henri Joyeux, défenseur des trois vaccins obligatoires sans Aluminium[21], s'est vu être accusé de gourou par les assureurs zététiciens au nom des dites « démarches scientifique » c'est-à-dire de l'Evidence Based Practice.

Cependant de grands spécialistes comme Didier Raoult font remarquer que la politique de vaccination actuelle qui date de Pasteur est depuis longtemps devenue caduque par les nouvelles connaissances sur les virus bien que l'on ne connaisse pas encore comment ils apparaissent et disparaissent[22]. Les virus sont des phénomènes naturelles. Contre les peurs irrationnelles[23] et les fausses alertes[24], il faut apporter un nouveau regard sur cette microdiversité[25].

La vaccination et plus globalement les stratégies de soins sont donc à revoir dans un cadre matérialiste dialectique c'est à dire dans le cadre du complexe bio-psycho-sociologique et non plus strictement biologique et mécaniste. Les stratégies doivent donc respecter le développement des personnes avec ses stades de conflits et de stases, ainsi que le « milieu » : « situation.configuration < échange. (utilité.affectivité) > actions impliqués.potentialisations ». Comme l'Être chez Hegel, la technique dont l'injonction vaccinale ne doit plus être un absolu.

Stoppons le libre marché des médicaments que les anglo-saxons considèrent comme un marché de bonbon. Socialisons la société, de la sphère professionnelle à la sphère communaliste. Potentialisons l'industrie de la santé plutôt que rationaliser celle des « armes » capitalistes des complexes industriels chimio-pharmaceutiques.

Comme Marx était un moderne anti-moderne contre les visions mécanistes des modernes du XVIII et du XIX, comme le médecin, libre penseur matérialiste, Pierre-Gaetan Stanski était anti-contagioniste contre les visions spiritualistes de la contagion, il est aujourd'hui un devoir d'être moderne progressiste anti-progress contre « la marche du progrès » et ainsi être un anti-vax contre les visions technoscientistes de la vaccination.

Cette croyance techoscientiste touche depuis les 60 aux USA et 90 dans le monde tous les domaines de la santé au social, de la politique à l'économie, de la psychologie à l'éducation... etc .

C'est elle qui a décidé de la destruction des services publics, de la sécurité sociale, ... au profit du Privé de la propriété. C'est elle qui impose le diktat de l'éducation par le béa-ba contre la méthode globale. C'est elle qui impose l'état fixiste et inné de l'intelligence. ...etc. C'est une croyance néolibérale développée et instituée avec la mondialisation.

Pour paraphrase, Claude Bernard, il faut douter plutôt qu'être sceptique.

L'épisode du coronavirus de mars à mai 2020 met en avant un conflit entre deux pratiques et solutions contradictoires[26] :

Une solution scientifique (Science Based) immédiate de guérison efficiente sur le long terme (chloroquine, antibiotique diabolisée depuis les années 90) empêchant et limitant les cas graves (respiratoire, réanimation) VS une solution d'assurance (Evidence Based) préventive tardive efficace sur le court terme (vaccination déifiée par les prosélytes de l'Evidence Based Medecin et les Assureurs) laissant s'aggraver les choses jusqu'à la découvre d'un abraxax.

Mais, chez les zététiciens et le prosélytes de l'evidence based practice, les faits sont réifiés pour ne pas dire déifiés. C'est un totalitarisme du fait.

« Sans aucun doute, le motif le plus puissant qui pèse sur nous comme un interdit, le motif qui nous empêche de remettre en question les structures de cette civilisation et de nous lancer dans la voie de la révolution nécessaire, c'est le respect du fait. (…) Actuellement, le fait constitue la raison dernière, le critère de vérité. Il n'y a pas de jugement à porter sur lui, estime t-on, il n'y a qu'à s'incliner. Et dès lors que la technique, l'État ou la production sont des faits, il convient de s'en accommoder. Nous avons là le nœud de la véritable religion moderne : la religion du fait. »[27] Pseudo-faits

Tout le monde croit encore que la femelle mante religieuse et veuve noire mangent nécessairement le mâle lors de l'accouplement. Ce sont effectivement des faits observables mis en avant par la vulgarisation scientifique. Or, si ce phénomène est systématique au laboratoire, dans la nature il est très très rare.

De la même manière dans la lutte mondiale contre les problèmes cardio-vasculaires, les anti-Rhumes ont été interdis de publicité en 2018 et l'Hydroxychloriquine a été classé toxique (effet biologique dangereux) même si dans sa chasse par les zététiciens il a été aussi considéré comme de l'homéopathie (sans effet biologique). S'il y a de très rares complications cardiologiques avec l'HCQ[28], un faible taux d'augmentation du QT lors d'EBM suffit aux instances bureaucratique à rendre toxique le médicament bien que ce fait mesuré par Essai Randomisé Contrôlé est en dehors de la pratique & du réel.

A contrario, le glysophate c'est bon pour la santé selon l'Evidence Based Practice, L'Afis vous le dira; Le Vaccin avec Aluminium ne provoque pas d'autisme selon L'EBM réalisé sur les vaccins R-O-R qui ne contiennent pas d'Aluminium; et le Remdesivir, sans notice de contre-indication et malgré les 5 décès de l'hôpital de Bichat a été autorisé avec espoir par l'Union Européenne contre le Covid-19 parce que les ERC ont mis à jour un réveil en réanimation de 15 jours au lieu de 20 sans pourtant réduire la mortalité - mais la mortalité leur semble qu'un simple détail; Le vaccin contre H1N1 a été également plus efficace pour remplir la bourse du laboratoire que pour protéger les personnes.

Ainsi, les faits de laboratoire - sous contrôles - et surtout aliéné à des lobbying coïncident rarement avec les faits historiques ou de terrains. C'est aussi le cas de la méthode globale dont Ovide Decroly et Amélie Hamaïde obtiennent d'excellent résultat chez les élèves même si l'EBM des neuro-cognitivistes la condamnent vivement.

Or, il a été prouvé que les médecins avec « liens d'intérêt » ont des résultats plus faibles que les médecins indépendants sans liens. Nous pouvons supputer que c'est le cas dans la recherche. Ce sont d'ailleurs les professeurs qui avaient les plus forts liens avec le laboratoire Gilead qui calomniaient le plus l'Hydroxychloroquine.

Mais, il est vrai - selon toutes vérités - que l'hypothèse posée comme quoi la mante religieuse et la veuve noire ont une propension probabiliste[29](Aristote, Charles S. Peirce, Karl Popper) au cannibalisme est validée de manière a priori et sensationnelle par les domaines de la mesure (observation-expérimention, technique-statistique). Ça peut par ailleurs s'appuyer également sur les 30% à 50% d'héritabilité au cannibalisme entre autre pour valider cette « hypothèse théorique » ou « hypothèse de départ ». De ce fait, pour les diagnosticiens et les politiciens, les techniques de laboratoire sont plus efficaces que les méthodes de terrain car la mesure de leur hypothèse a conduit aux résultats recherchés caractérisés par des faits hypostasiés.

À partir de là, le fait de laboratoire est généralisé pour tout temps et tout milieu en figeant le fait à un résultat donné par la technique à un moment et un lieu donné. Ils peuvent conclure que les mantes religieuses et les veuves noires mangent de tout temps et tout milieu le mâle lors de l'accouplement. Puisque ce n'est pas l'argument d'autorité[30] qui le dit mais les faits, tout le monde technoscientiste - porteur de la vérité par les faits - est ainsi satisfait quand bien même irréel et à côte de la plaque. Dans l'absolu, les ERC ne donnent que des pseudo-faits[31] suite à une incapacité automatique à taire les « biais »[32] et à des intérêts en générer artificiellement afin que cela cadre avec les objectifs capitalistes au détriment du soin et de la guérison.

L'Evidence based practice est donc hors du mouvement réel. Sous couvert de pratique scientifique, les démarches fondées sur les faits ne font que soutenir les opinions du moment et les idéologies hégémoniques qui englobent les cellules de la science. Ce qui conduit ainsi à des applications de la technique selon le point de vue de la rationalisation (Taylor). La conception du fait « des démarches fondées sur les faits » est fixiste, et l'application « pertinente » (sic) des résultats « efficaces » (sic) est purement mécanique/technique ou platonicienne.

CITATIONS

L'evidence-based practice (EBP) traduit en français par « démarche ou pratique fondée sur les preuves, sur les faits, ou sur des données probantes » — est une approche ultra-empirique de la pratique clinique qui a gagné du terrain après son apparition au début des années 1990 par l'intermédiaire du médecin canadien Gordon Guyatt bien qu'elle a des influences scientistes plus ancienne. Elle a commencé en médecine comme médecine factuelle (EBM) et se propage aux professions paramédicales de la santé, domaines éducatifs et autres.

Evidence-based medicine (EBM)

La notion d’Evidence Based Medicine, « médecine basée sur les faits », ou encore « sur la preuve » rappelle en un sens mais d’assez loin tout de même, par la différence de rigueur méthodologique, la notion française de « médecine expérimentale » due à Claude Bernard.

  • Six Manifestes contre le DSM, Émile Jalley, éd. L'Harmattan, 2011, vol. 1, p. 53

Depuis le début des années 1990 se développent en médecine des approches qualifiées d’evidence-based medicine (EBM). Le mot evidence, difficile à traduire en français, renvoie à la fois à l’idée de corroboration empirique et de preuve. Ces démarches découlent notamment du constat qu’il est de plus en plus difficile pour les praticiens d’avoir accès aux connaissances disponibles et d’en faire un usage judicieux.

  • « « Pourquoi s'intéresser à la notion d' « evidence-based policy » ? » », Laurent Catherine, Baudry Jacques, Berriet-Solliec Marielle et al., Revue Tiers Monde,, vol. 4 nº n° 200, 2009, p. p. 853-873 (lire en ligne)

L’EBM a ainsi suscité une réflexion approfondie sur le rôle et les limites des connaissances scientifiques dans la décision, impliquant aussi bien les praticiens que des associations de patients et des chercheurs de différentes disciplines (médecins, biologistes, statisticiens, sociologues, économistes, philosophes des sciences...) (Fagot-Largeault, 2005). Peu à peu, les approches EBM se sont répandues dans tous les pays et, parallèlement, leurs principes ont été transposés à d’autres niveaux d’organisation et étendus à la gestion des systèmes de santé nationaux et internationaux. C’est ainsi que l’OMS se revendique aujourd’hui d’une approche en termes d’evidence-based policy.

  • « « Pourquoi s'intéresser à la notion d' « evidence-based policy » ? » », Laurent Catherine, Baudry Jacques, Berriet-Solliec Marielle et al., Revue Tiers Monde,, vol. 4 nº n° 200, 2009, p. p. 853-873 (lire en ligne)

Le débat sur l’EBM a conduit à proposer des différenciations simples des types de preuves. Même si ces distinctions restent très schématiques au regard des développements de la pensée philosophique sur ce thème (Cartwright et al., 2007), on peut ainsi séparer :

  • des « preuves d’existence » : une chose existe [...} ;
  • des « preuves de causalité » : une relation causale est établie entre deux événements particuliers [...] ;
  • des « preuves d’efficacité » : une action produit le résultat souhaité [...];  
  • des « preuves d’innocuité » : l’action est dépourvue d’effets négatifs.

Ces distinctions importent pour les politiques de développement. Comme en médecine, il est utile d’y clarifier le statut des preuves et des relations qu’elles entretiennent entre elles. En effet, dans les débats qui accompagnent le choix de politiques alternatives, les registres d’argumentation entre existence, causalité, efficacité et innocuité se mélangent souvent de façon confuse.

Par exemple, les preuves de causalité sont cruciales pour l’élaboration théorique et la progression des programmes de recherche ou pour imaginer de nouvelles formes d’action. Mais lorsqu’il s’agit d’évaluer les effets d’une action, les preuves d’efficacité jouent un rôle fondamental. Or, les relations entre preuves de causalité et preuves d’efficacité sont complexes et très discutées.

  • « « Pourquoi s'intéresser à la notion d' « evidence-based policy » ? » », Laurent Catherine, Baudry Jacques, Berriet-Solliec Marielle et al., Revue Tiers Monde,, vol. 4 nº n° 200, 2009, p. p. 853-873 (lire en ligne)

il y a des situations où des interventions réussissent sans que l’on sache pourquoi. Ainsi, des résultats convergents de méta-analyses conduites dans les approches evidence-based montrent que dans certaines conditions, un traitement par l’acupuncture contre les vomissements est efficace. Cette efficacité peut être prouvée avec toutes les précautions méthodologiques d’usage dans les approches EBM. Dès lors, des recommandations sont émises pour que cette technique soit utilisée, par exemple en accompagnement des chimiothérapies, même s’il reste difficile d’expliquer par quels mécanismes ce point d’acupuncture produit cet effet.

  • « « Pourquoi s'intéresser à la notion d' « evidence-based policy » ? » », Laurent Catherine, Baudry Jacques, Berriet-Solliec Marielle et al., Revue Tiers Monde,, vol. 4 nº n° 200, 2009, p. p. 853-873 (lire en ligne)

Hannah Arendt (dans Les origines du totalitarisme, 1951) nous rappelle que ce qui va devenir la médecine fondée sur des preuves scientifiques (l’Evidence-based medicine, ou psychiatry) a été inventée par le Reich nazi fasciné par les théories des positivistes français ; puis, par les théories eugénistes (pratiquées dans certains états : stérilisation des malades mentaux) et racialistes du mouvement fasciste américain, emmené par l’industriel totémique Henry Ford, dont la photo décorait le bureau de Hitler à Berlin, comme le rappelle Philip Roth dans son roman non paranoïaque « Le complot contre l’Amérique ».
Cela aurait dû suffire à priori pour l’expulser, à la manière d’un noyau pervers dangereux de notre champ de pensée et de pratique. Mais… Reprise dans les années 1990 par le monde anglo-saxon, cette idéologie scientiste et technologique est maintenant installée en France : ...

  • Petit lanceur d'alerte en santé mentale, Jean-Jacques Lottin, éd. Champ social, « Collectif psychiatrie », 2015, chap. « Pour réhabiliter la clinique du sujet : en finir avec la psychiatrie fondée sur des preuves soi-disant scientifiques (ebm) », p. 23

Ressuscitée dans l’université privée baptiste McMaster d’Hamilton (Toronto) financée par des géants pharmaceutiques (Pfizer et Astra-Zeneca) et du tabac (sic), l’EBM est une méthode pédagogique conçue comme une démarche explicite de recherche, d’évaluation et d’utilisation des preuves disponibles pour résoudre une question clinique. Elle suit quatre étapes : formulation du problème médical, recherche dans la littérature et les statistiques des articles les plus pertinents et des « meilleures » preuves dont on fait la méta-analyse, évaluation de leur « niveau » de validité et de l’applicabilité des conclusions pratiques, enfin, intégration des données trouvées dans la réponse thérapeutique sous forme de référentiels et de protocoles : cet ensemble est baptisé médecine factuelle ou rationnelle. Il donne une caution scientiste aux nouvelles croyances du tout-quantifiable, et rejoint curieusement les principes de la vieille école empirique française du XIXè siècle, après avoir subi le filtre pragmaticiste calviniste.

  • « « Pour en finir avec « les invasions barbares » infantilisantes de l’Evidence Based Medecine (EBM)(cette pratique fondée sur des preuves soi-disant scientifiques)... », Jean-Jacques Lottin, Psy-cause, nº N° 47,, 2006, p. 40 (lire en ligne)

L'EBM suit quatre étapes : formulation du problème médical, recherche dans la littérature et les statistiques des articles les plus pertinents et des « meilleures » preuves dont on fait la méta-analyse, évaluation de leur « niveau » de validité et de l’applicabilité des conclusions pratiques, enfin, intégration des données trouvées dans la réponse thérapeutique sous forme de référentiels et de protocoles : cet ensemble est baptisé médecine factuelle ou rationnelle. Il donne une caution scientiste aux nouvelles croyances du tout-quantifiable, et rejoint curieusement les principes de la vieille école empirique française du XIXè siècle, après avoir subi le filtre pragmaticiste calviniste.

  • « « Pour en finir avec « les invasions barbares » infantilisantes de l’Evidence Based Medecine (EBM)(cette pratique fondée sur des preuves soi-disant scientifiques)... », Jean-Jacques Lottin, Psy-cause, nº N° 47,, 2006, p. 40 (lire en ligne)

L’EBM marque le triomphe de la technoscience, une science antidémocratique sans conscience qui peut ruiner l’âme, passée sous la coupe de l’industrie et du privé, du profit qui légitime toutes les idéologies pragmatiques. La remarque d’Olivier CLAIN, sociologue à l’université Laval de Québec, parue dans Synapse de mai 2005 : « La critique épistémologique du discours de la science permet la critique de l’illusion scientiste, qui apparaît lorsque la science cesse d’être un ensemble de questions en chantier, et devient un réservoir de certitudes disponibles à l’exercice d’une fonction de légitimation » s’applique parfaitement à la prétention de l’EBM à une nouvelle totalité sans alternative, comme fin de la clinique.

  • « « Pour en finir avec « les invasions barbares » infantilisantes de l’Evidence Based Medecine (EBM)(cette pratique fondée sur des preuves soi-disant scientifiques)... », Jean-Jacques Lottin, Psy-cause, nº N° 47,, 2006, p. pages 47 (lire en ligne)

L’EBM est une imposture née dans les think tanks néocons. Cette aliénation ne doit pas faire l’objet de transaction ou d’accommodement : comme un noyau opératoire pervers, elle doit être chassée de notre mode de pensée. Il y va de notre intelligence collective, du risque de notre stérilité.

  • « « Pour en finir avec « les invasions barbares » infantilisantes de l’Evidence Based Medecine (EBM)(cette pratique fondée sur des preuves soi-disant scientifiques)... », Jean-Jacques Lottin, Psy-cause, nº N° 47,, 2006, p. pages 47 (lire en ligne)

L’ebm est devenue le pain quotidien des gestionnaires, des cliniciens

  • « Dépasser le réductionnisme de l’evidence-based medicine », Jean-Yves Nau, Revue Médicale Suisse, vol. 14 nº 596, 2018, p. 500 (lire en ligne)

il existe une différence de fond entre l’EBM et la « clinique dans la vraie vie ». Ou encore de la médecine considérée comme un jeu d’échecs. Ainsi, lorsqu’on apprend à jouer aux échecs, on apprend d’abord quelques règles simples avant d’acquérir, à la force et à l’intelligence du poignet, une expertise qui fait qu’on peut se dégager progressivement de ces règles ; l’expertise s’acquiert grâce à la pratique et la réflexivité. « Ainsi, les recommandations ne sauraient remplacer l’intelligence pratique du médecin, affirme M. Reach. Lorsqu’elles sont présentées sous forme d’arbre décisionnel, elles doivent être essentiellement vues comme des outils d’aide à la décision, et non comme un maître auquel il faudrait obéir. ... »

  • « Dépasser le réductionnisme de l’evidence-based medicine », Jean-Yves Nau, Revue Médicale Suisse, vol. 14 nº 596, 2018, p. 501 (lire en ligne)

Evidence-based education (EBE)

L’ « Evidence Based Education » (EBE) a cristallisé dans plusieurs pays d’influence anglophone le débat quant aux objectifs et aux méthodes de la recherche en éducation.

  • « Qu’est-ce qu’une « bonne » recherche en éducation ? », Olivier Rey (Inspecteur général de l’éducation, du sport et de la recherche), Cellule Veille scientifique et Technologique, nº 18, mai 2006, p. 1 (lire en ligne)

Le débat, parfois vif, entre partisans et adversaires de l’EBE n’a pas cessé depuis bientôt 10 ans (Oancea, 2005). Certains critiquent les principes même à la base de l’ « Evidence Movement », tandis que d’autres soulignent les limites de telle ou telle prétention scientifique portée par la doctrine. Mais tous ont en commun le fait de plaider pour un « pluralisme » des méthodes de recherche.

  • « Qu’est-ce qu’une « bonne » recherche en éducation ? », Olivier Rey (Inspecteur général de l’éducation, du sport et de la recherche), Cellule Veille scientifique et Technologique, nº 18, mai 2006, p. 1 (lire en ligne)

L’objectif premier de l’EBE est d’asseoir les pratiques et les réformes éducatives sur les résultats avérés de la science. Il est donc postulé qu’un lien de causalité peut être établi entre telle pratique ou tel dispositif et ses effets attendus sur une po-pulation, que ce soit au niveau général d’une politique publique de l’éducation ou dans la pratique quotidienne d’un ensei-gnant. L’approche expérimentale ou quasi-expérimentale des « randomized controlled trials » (RCT) repose évidemment sur ce pré-requis. Établir un lien de causalité permet non seulement de décrire ce qui se passe, mais autorise en outre à tester d’autres dispositifs et à prescrire « ceux qui marchent », dans une approche positiviste de la recherche. De nombreux auteurs ont contesté ce paradigme. Le passage des résultats scientifiques constatés à la possibilité de leur incorporation dans la pratique est par exemple souvent mis en doute, notamment en considération des résultats décevants de l’Evidence Based Medecine elle-même dans son champ.

  • « Qu’est-ce qu’une « bonne » recherche en éducation ? », Olivier Rey (Inspecteur général de l’éducation, du sport et de la recherche), Cellule Veille scientifique et Technologique, nº 18, mai 2006, p. 3 (lire en ligne)

Les méthodologies quantitatives et le recours à des critères de mesure standardisés ne permettrait de répondre qu’à certains types de questions, loin de la visée globale revendiquée par l’EBE.

  • « Qu’est-ce qu’une « bonne » recherche en éducation ? », Olivier Rey (Inspecteur général de l’éducation, du sport et de la recherche), Cellule Veille scientifique et Technologique, nº 18, mai 2006, p. 5 (lire en ligne)

Evidence-based policy (EBP) / decision (EBD)

Nous verrons que le souci de l’efficacité des actions mises en avant par les approches evidence-based ne peut être assimilé ni à une simple tentative de dépolitiser les débats, ni à un pragmatisme simplificateur qui considérerait que seul importe pour agir ce qui est avantageux et commode. Il s’inscrit plutôt dans la tradition des préoccupations formulées par Dewey (1927) qui mettait en avant la nécessité de réellement partager les connaissances en les rendant disponibles et socialement accessibles, et la nécessité de considérer ce processus comme l’une des dimensions fondamentales de l’élaboration des politiques. C’est parce que ces enjeux ne cessent de prendre de l’importance qu’il paraît utile de discuter des enseignements qui peuvent être tirés des débats sur EBP car en même temps qu’elles deviennent objet de controverses entre philosophes, scientifiques et acteurs du développement, ces approches contribuent à ouvrir des perspectives nouvelles sur l’analyse de la façon dont les connaissances scientifiques entrent dans les politiques, y compris dans les politiques de développement.

  • « « Pourquoi s'intéresser à la notion d' « evidence-based policy » ? » », Laurent Catherine, Baudry Jacques, Berriet-Solliec Marielle et al., Revue Tiers Monde,, vol. 4 nº n° 200, 2009, p. p. 853-873 (lire en ligne)

Depuis la fin des années 1990, les réflexions des approches en termes d’evidence-based decision ont été reprises dans de nouveaux domaines d’intervention publique – éducation, justice, protection environnementale, politiques de développement, etc. – eux aussi confrontés à la transformation du régime d’accès aux connaissances. Elles ont aussi été mises en avant dans certaines instances gouvernementales, notamment le gouvernement travailliste de la fin des années 1990 au Royaume-Uni, suscitant des controverses extrêmement vives (Davies, Nutley, 2001). Toutefois, dans nombre de pays non anglophones, comme la France, les discussions sur ces approches sont ignorées ou occultées.

  • « « Pourquoi s'intéresser à la notion d' « evidence-based policy » ? » », Laurent Catherine, Baudry Jacques, Berriet-Solliec Marielle et al., Revue Tiers Monde,, vol. 4 nº n° 200, 2009, p. p. 853-873 (lire en ligne)

les réflexions pour favoriser l’accès direct des décideurs publics aux connaissances scientifiques ou concernant les approches evidence-based restent limitées.

  • « « Pourquoi s'intéresser à la notion d' « evidence-based policy » ? » », Laurent Catherine, Baudry Jacques, Berriet-Solliec Marielle et al., Revue Tiers Monde,, vol. 4 nº n° 200, 2009, p. p. 853-873 (lire en ligne)

nombre d’approches evidence-based proposent des méthodologies pour produire des preuves d’efficacité de certaines formes d’intervention publique lorsque cela est jugé nécessaire et pertinent. Or, si l’on s’en tient à nos études de cas, les études menées dans les trois pays de notre programme montrent que les formes d’évaluation qui sont prévues concernent toujours les moyens mis en œuvre (budgets, nombre d’exploitations agricoles concernées, etc.) mais jamais l’impact effectif sur les objectifs de départ (conservation de la biodiversité effectivement mesurée, articulation d’objectifs sociaux et environnementaux, etc.). Ces résultats corroborent des constats récents qui ont montré l’incapacité de fournir des preuves de l’efficacité des politiques agri-environnementales européennes en dépit de l’ampleur des budgets concernés (Kleinj, Sutherland, 2003). En fait, tout fonctionne comme si le fait d’avoir conçu des mesures d’intervention à partir de relations théoriques de causalité était considéré comme suffisant pour garantir l’effet de ces mesures.

  • « « Pourquoi s'intéresser à la notion d' « evidence-based policy » ? » », Laurent Catherine, Baudry Jacques, Berriet-Solliec Marielle et al., Revue Tiers Monde,, vol. 4 nº n° 200, 2009, p. p. 853-873 (lire en ligne)

Evidence-Based Nursing Practice (EBNP)

« Les philosophes n'ont fait qu'interpréter le monde de différentes manières; mais ce qui importe c'est de le transformer » (Marx, 1844) La véritable valeur de la démarche fondée sur les faits réside en réalité dans sa signification culturelle. En tant que déclaration d'intention, il a le pouvoir de rassembler les éléments disparates des diverses professions de la santé dans le cadre d'un objectif commun.

  • (en) The philosophes haves only interpreted the world in different ways; the point is to change it' (Marx, 1844) The real value of EB practice actually lies in its cultural significances. As a statetement of intent it has power to draw together the disparate elements of the various health care professions under the umbrella of a commn goal.
  • In Liz Trinder with Shirley Reynold (2000), Evidence-based pratice - A criticle Appraisal (chap. 6). Blackwell Science., Blomfield, R. & Hardy, S (trad. S.L.), éd. Reidel Publishing Company, (2000), partie Evidence-Based Nursing Practice, p. p.111-137

Si les objectifs de la démarche fondée sur les faits doivent être atteints, une approche multidisciplinaire de la gestion du changement est nécessaire.

C'est ce qui distingue cette pratique factuelle des autres développements historiques de la pratique infirmière qui ont eu tendance à être de nature uni-disciplinaire. Un élément central de cette culture est dans l’impératif de forger des partenariats avec des collègues au sein de l’organisation tout en faisant appel à l’expertise de partenaires extérieurs, notamment des collègues universitaires et des secteurs associatifs et commerciaux.

  • (en) If the goals of evidence-based practice are to be realised a multidisciplinarity approach to change management is required. This is what sets evidence-based practice apart from other historical developments in nursing pratice which have tended to be unidisciplinary in nature. A central feature of this culture is the imperative to forge partnerships with colleagues within the organisation whilst drawing on the expertise of external agencies including academic colleagues and the social voluntary and commercial sectors.
  • In Liz Trinder with Shirley Reynold (2000), Evidence-based pratice - A criticle Appraisal (chap. 6). Blackwell Science., Blomfield, R. & Hardy, S (trad. S.L.), éd. Reidel Publishing Company, (2000), partie Evidence-Based Nursing Practice, p. p.111-137

Fonder la pratique sur des preuves tirées d'ERC (essai randomisé contrôlé) peut sans aucun doute être d'une grande utilité pour la pratique infirmière. Toutefois, pour que la profession infirmière atteigne pleinement les objectifs de la pratique fondée sur des preuves, le processus doit encourager et reconnaître davantage les méthodes de recherche éclectiques, interprétatives et innovantes / créatives.

  • (en) Basing pratice on evidence gained from RCTs can undoubtedly be of great value to nursing practice. However, if the goals of evidence-based practice are to be realised fully by the nursing profession, the process must give more encouragement and recognition to ecclectic, interpretative and novel/creative research methodologies.
  • In Liz Trinder with Shirley Reynold (2000), Evidence-based pratice - A criticle Appraisal (chap. 6). Blackwell Science., Blomfield, R. & Hardy, S (trad. S.L.), éd. Reidel Publishing Company, 2000, partie Evidence-Based Nursing Practice, p. p.111-137